Notre Histoire
Elle est issue de nos aïeux, il y a bien longtemps…Certains quittèrent l'Andalousie pour fuir Franco à destination du Sud-Ouest, d'autres pour vivre sur les terres Algériennes, alors devenues françaises et pour finalement retrouver le sol français au début des années 60,
De notre rencontre en 1999, est né Théo (2001) et Casa Bailadora (2008).
Le sang et l'âme ont des raisons que la raison ne connaît pas…Notre chemin nous à mené tous trois à traverser l'Espagne l'été 2008, pour rencontrer nos producteurs de spécialités du terroir espagnol, issues de l'agriculture biologique, et pour ma part profiter de cette occasion pour danser en compagnie des maestros flamencos.
Je venais de quitter définitivement l'entreprise dans laquelle j'avais travaillé pendant 20 ans (Cie aérienne Nationale), afin de vivre enfin de mes passions (entre rêve et caprice,il n'y avait qu'un pas à faire…j'ai pris mon envol.).
De formation Modern Jazz dès l'âge de 13 ans, ma rencontre avec le baile flamenco date de 1993, et ne m'a plus quitté depuis lors. Passionnée, j'ai alors parcouru les cours dans divers lieux de la Capitale pendant quelques années, puis j'ai reçu l'enseignement des maîtres lors de stages et séjours en Espagne (Séville), Mont de Marsan qui est l'un des plus grands festivals européens de flamenco, et sur Paris ou je poursuis régulièrement, afin de grandir toujours plus. J'ai pu ainsi me former auprès de Pastora Galvan, Antonio Reyes, Andres Pena, Rafaela Carrasco, Mercedes Ruiz et bien d'autres…
Notre première adresse ; le 94 av Carnot à Saint Maur, de là tout est né.
Ne partez pas voir, elle n'a jamais ouvert. Cette adresse nous a simplement ouvert les portes de notre imaginaire, une fenêtre sur l'Espagne. Et tout a commencé.
Nous sommes le 28 juillet 2008, 10h00, gare de Perpignan, le temps de retrouver un frère Salvador (Christian, pure souche toulousaine), qui va faire l'interface commerciale avec nos rencontres.
Après 15 jours passés en famille (3 garçons dont 2 ados de nos unions passées), nous les laissons repartir par avion vers d'autres cieux, tandis que nous prenons la route avec Théo (le petit dernier qui nous suit depuis, dans tous nos cheminements), direction Alicante. Nous allons longer la côte espagnole, que je n'ai pas revue au delà de Barcelone depuis 20 ans.
Première halte Peniscola, qui parvient à garder un cachet, grâce aux remparts.
Nous nous installons au restaurant, en bord de mer, et là, je mets la main ou plutôt les papilles sur une "sépia a la plancha, des pescadillos fritos, des pimientos rellenos y otras cosas". Les souvenirs me remontent au nez telle une moutarde, muy fuerte. L'intensité des émotions ou tout simplement la faim, je ne sais pas, je me suis jetée sur ces assiettes avec autant de fougue que sur mon premier amour.
Je regardais mon fils, il avait pris autant de plaisir à goûter et finir chaque plat, un amoureux de la vie. Maintenant, il se laissait aller sur le dos, la tête en arrière dans l’eau, afin de savourer un peu plus l’instant. Ses yeux noirs brillaient autant que ses épais cheveux bruns et sa peau était aussi mate qu’un fruit bien mûr. Je me revoyais alors trente-sept ans auparavant, avec ce même bonheur, ce plaisir non dissimulé sur les côtes Mayorquines, lorsque Magaluff était encore sauvage, et non dévastée par "une mafia" de tripot. Lorsque Magaluff, (que ma grande mère m’avait donné la chance de connaître) n’était pas encore encombrée de ses boites de conserves musicales en enfilades, ses bars à frites et ses hôtels bon marché.
Nous reprenons la route vers 14h00, en direction du Vall Del Laguar, quelques heures de routes, nous traversons Valencia ( toujours aussi belle) puis longeons les côtes, de plus en plus massacrées par les promoteurs, qui, avec douceur, patience et tendresse détruisent avec beaucoup de compétences les côtes méditerranéennes espagnoles. Le Val de Laguar se situe entre Valencia et Alicante. Et La Casota nous ouvrent ses portes dans un écrin , en hauteur, au dessus du village. L’endroit me surprend par sa beauté et cette sensation d’être perdue dans les hauteurs. Nous surplombons la mer, et une sérénité enlace cette halte. Nous sommes invités à la table de la maîtresse des lieux, qui nous propose pour commencer una Escalivada maison , un poisson et un dessert inoubliable , une glace à la figue du jardin , légère, douce, velouté, fruitée et j’en passe. Allez, je vous donne le site : http://www.lacasota.com/lacasotafren.htm (pour qui souhaitera s’y perdre un instant…).
Tout provient du jardin, bien sûr et est cultivé selon un principe respectueux de la terre et de l’Homme.
Nous reprenons la route le lendemain matin. En longeant la cote méditerranéenne, nous croisons Benidorm. Ah Benidorm, la perle de la construction anarchique la plus infâme après Los Angeles, que j’ai pu croiser dans ma vie. Vive la course après l’économie de marché, le retour au source du fric pour le fric, de la construction pour entasser le touriste, et donner l’impression d’un nouvel élan économique de l’Espagne, après les années Franco.
Premier rendez-vous ; Escale avec un gros distributeur de produits Bio espagnoles à Alicante. Ils nous reçoivent de façon très courtoise, dans un espace un peu trop aseptisé, à mon goût cependant (trop grande surface). Nous goûtons divers produits, dont des câpres en bocal : agréables. Nous repartons (nous ne travaillerons finalement pas avec eux, malgré leur gentillesse).
Prochaine escale, nous sommes le 29 juillet, à Catrall : La Carrasca (gîte). J’y suis, mes aïeux y sont nés, c’est à côté (Elche).
Nous nous posons dans une maison, dont l’intérieur dénote de l’extérieur. Je visite une galerie de peinture (très moderne de Fermin Navarro) dans les chambres, dont les murs blancs peints à la chaux laissent dévoiler le Sud. Dans le jardin, nous sommes invités à cueillir les tomates, les melons et les œufs tous frais tombés du c… de la poule, dans une panière savamment postés dans un bac récupérateur. Nous profitons de la soirée pour « tourismer » dans Elche, la palmeraie, la ville. J’.y possède un passé que je ne connais pas, mais je suis reconnaissante de pouvoir respirer les parfums d’une ville où a grandit un de mes ancêtres et qui pourra peut-être m’expliquer mon attachement à cette terre.
Nous rentrons pour la nuit à Catral. Le lendemain matin, Le petit déjeuner de Théo, un œuf à la coque et melon du potager. Enfant de la mer, de la campagne et parfois de la montagne, tout lui convient pourvu qu’il y ait l’ivresse de la vie.
Nous voilà à nouveau sur la route à la rencontre d’autres producteurs, direction cette fois, la Molienda Verde. Nous allons faire un joli parcours. Toujours en longeant la côte, nous passons par la "Union" en bord de mer.
Nous entrons en Andalousie, avec un stop dans le village natal du père de Laurent. C’est à son tour de respirer un passé lointain. Un village perché en Andalousie « Sorbas »,
dont la famille paternel s’est expatriée en 1936 pour Toulouse.
Plus tard, sur la route, aux alentours d’Alméria nous apercevons les étendues de serres (j’en ai fait quelques photos comme témoignage de ce que nous refusons d’admettre et de tolérer), qui ont fait le tour de la France, ou peut-être l’Europe, pour leur aspect déshumanisées, et « pesticidées » à outrance. Ces serres d’où proviennent les belles grosses fraises d’Espagne sans goût, dont la culture ne s’est pas faite sans maltraitance humaine et qui emplissent nos jolis étals de marchés parisiens dès le mois d’avril (voir février).
Puis vient la traversée de la Sierra Nevada, sous la cagnât s’entend. J’aperçois sur la route, les lieux de tournage de ces fameux western Spaghetti qui ont bercé mon enfance et sont aujourd’hui laissés à l’abandon ou visités par les touristes. Nous roulons fenêtres ouvertes, pas moins de 45 degrés et un soleil de plomb (je comprends pourquoi ce lieu insolite à permis le tournage du « Bond la brut et le truand »).
A suivre ...
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